Essai Renault Latitude V6 dCi 240

Après l’échec de la VelSatis, Renault n’a pas choisi de donner autant d’importance à la production d’une nouvelle berline haut de gamme. Importée de Corée, la Renault Latitude V6 dCi 240 Initiale n’est ni plus ni moins qu’une Samsung SM5 et elle vient en complément à la Laguna.

vivre-auto-renault-latitude-v6-dci-240-essai-22Prenez une Samsung SM5, ajoutez lui une nouvelle face avant et vous obtiendrez une Renault Latitude ! Contrairement à la VelSatis, la Safrane ou encore la R25, cette grande berline adopte une ligne tricorps, et donc une malle de coffre. Avec une longueur de 4,897 mètres, c’est presque les dimensions d’une Peugeot 607 ou d’une Audi A6. Les observateurs remarqueront l’absence d’antibrouillard avant sur les versions V6. Cette curiosité mérite une explication. En effet, lorsque le client opte pour le six cylindres et lorsque la voiture tracte une caravane dans une forte montée, le moteur a besoin d’un refroidissement plus conséquent. Même si cela concerne 1% de l’ensemble des propriétaires de Latitude, Renault à joué la carte de la sécurité en les retirant… Un nouveau bouclier aurait pu toutefois solutionner le problème. Globalement, la Latitude reste élégante, son style se montre plus classique qu’une VelSatis et il rappelle plutôt la Safrane.

vivre-auto-renault-latitude-v6-dci-240-essai-41La planche de bord est spécifique pour l’Europe, elle est reprise de la SM7. Et en Corée la SM5 emprunte celle de la Laguna… Bref ne nous mélangeons pas les pinceaux et intéressons nous plutôt à l’intérieur de notre Latitude. Les matériaux employés sont assez bons pour la plupart sans pour autant atteindre le niveau d’une Citroën C5. La présentation reste soignée et deux ambiances sont proposées, une foncée et une claire. L’habitacle se montre accueillant, les sièges avant sont confortables et en plus d’être chauffants Renault a souhaité bichonner ses occupants en leur offrant la possibilité d’être massés. Cinq tubes pneumatiques se déplacent sur une grande hauteur, avec différents réglages possibles. Les commandes de sièges très nombreuses vous obligent à quitter la route des yeux, et même si vous êtes à l’arrêt elles ne sont malheureusement pas éclairées donc peu visibles. Pour le reste l’ergonomie est bien pensée et pratique, tout comme les compteurs qui nous sont apparus très lisibles. Le volant et le siège conducteur reculent lorsque vous ouvrez la porte après avoir coupé le contact. Autre particularité dans cette Latitude, l’ionisateur d’air. Il s’active depuis la console centrale par le biais de deux modes : Clean et Relax. Le premier purifie l’air de l’habitacle en neutralisant les particules nuisibles (bactéries, allergènes et microbes). Le second apaise les tensions en générant des ions négatifs. Si les coréens sont clients de ce ionisateur, certains jugeront cet équipement de « gadget », quand d’autres se plaindront de l’odeur. Le toit en verre apporte de la luminosité dans l’habitacle, et il est ouvrable à l’avant. Le velum est cependant manuel et son utilisation s’avère pénible, vivre-auto-renault-latitude-v6-dci-240-essai-39dommage pour un haut de gamme. La visibilité à bord est bonne, mais par temps de pluie la lunette arrière peut vite devenir un obstacle au champ de vision. La Latitude propose en série deux GPS en fonction du niveau de gamme. Le premier, disponible sur la finition Business est tout simplement le Carminat Tomtom Live, que l’on retrouve sur les autres modèles de la marque. La finition Initiale est dotée du Carminat Bluetooth DVD, qui nous est paru curieusement en retrait par rapport au Tomtom, l’affichage et l’ergonomie étant meilleur sur ce dernier. De plus aucune fonction « Live » n’est disponible (météo, info trafic, alerte radars mobiles…). Côté technologie, on retrouve une climatisation tri-zone, une caméra de recul, la carte main libre, et le frein de parking automatique, ce qui facilite la vie au quotidien. Les berlines de la concurrence offrent pour la plupart en plus des équipements de sécurité, absents ici : régulateur de vitesse adaptatif, avertisseur de franchissement de ligne et d’angle mort… A l’arrière l’espace aux jambes est très généreux, avec 251 mm c’est la meilleure valeur du segment. Toutefois la garde au toit n’est pas géniale, un adulte de plus d’1,80 mètre touchera le plafond… Au chapitre rangements, on retrouve un grand nombre d’aménagements, boîte à gants réfrigérée de 9,6 litres, console centrale compartimentée de 2,4 litres, bacs de porte avant/arrière, porte-lunette, porte-gobelet et poches aumônières. Le coffre offre un volume de 477 à 511 litres, un bon point par rapport aux autres berlines du segment. La tôle apparente sur la partie haute du coffre fait négligée, et vos bagages peuvent être gênés par le système hi-fi… Enfin, la banquette arrière est fractionnable 2/3-1/3.

vivre-auto-renault-latitude-v6-dci-240-essai-27En France la Latitude n’est disponible qu’en Diesel. Ce sont donc les dCi 150, dCi 175 et V6 dCi 240 qui remplissent le catalogue. Notre véhicule d’essai était doté du six cylindres, fleuron de la gamme. D’une puissance de 240 ch et d’un couple de 450 Nm dès 1 500 tr/mn, ce moteur offre de bonnes performances, et le tout dans une sonorité agréable. Les dépassements s’effectuent alors en toute confiance. Le V6 est accouplé à une boîte automatique à 6 rapports. Elle se montre très réactive et les rapports s’enchainent en douceur. On regrette cependant un mode « Sport » qui accentuerait les rétrogradages. Renault a modifié certains éléments de la SM5. On retrouve ainsi un train avant de Laguna, et un train arrière multibras signé Nissan. La suspension est très souple, voir trop molle. Le comportement routier est correct mais pataud. Si vous optez pour une conduite dynamique la voiture sous-vire et le poids du V6 à l’avant n’arrange en rien la chose. De plus les sièges avant manquent de maintien latéral. La Latitude est vraiment destinée à une conduite apaisée, ce qui est l’objet de ce genre de véhicule à la base. Toutefois la direction parait trop légère pour une berline de cette catégorie.

vivre-auto-renault-latitude-v6-dci-240-essai-25La gamme est simple avec deux finitions : Business et Initiale. Le premier niveau comprend les équipements suivants : Climatisation bi-zone, carte main libres, radars arrière, frein de parking électrique, Carminat Tomtom, Kit Bluetooth, jantes alliages 17 pouces. Le dernier ajoute : les Xénons directionnels, la climatisation tri-zone, la sellerie cuir avec sièges avant massant, le ioniseur d’air, les radars avant et la caméra de recul, le Carminat DVD Bluetooth, le système Hifi Bose 10 HP, et les jantes alliages 18 pouces. Le V6 dCi n’est disponible qu’en finition Initiale au tarif de 45 000€. Ajoutez à cela le malus de 750€ à la clé. Mais à ce tarif les clients se montrent généralement difficiles… La Renault Latitude se confronte aux Skoda Superbe, VW Passat, Peugeot 508… Sur le marché de l’occasion la décote sera importante, de quoi faire une bonne affaire ! Le six cylindres n’est pas extrêmement gourmand, sur route comptez une moyenne au alentour de 7l /100km. En agglomération nous avons relevé 10,4 l /100km. Enfin, Latitude bénéficie d’une garantie étendue à 3 ans ou 150.000 km.

Conclusion

Vendue dans cinquante pays, ce n’est guère en France que l’on croisera le plus de Latitude. Même les pouvoirs publics risquent d’hésiter lors du choix de leur voiture de fonction, lorsque l’on connait la provenance de celle-ci. Renault estime d’ailleurs écouler 80% de sa production en Russie et en Corée du Sud. La Renault Latitude reste tout de même une bonne routière avec des qualités mais son manque de caractère et son origine ne fait pas d’elle une voiture 100% Renault.

 

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